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"Water makes money" ou "Comment les multinationales transforment l'eau en argent"

Vidéo # 2319 en Français () insérée le Mercredi 12 Janvier 2011 à 13:57:22 dans la catégorie "Environnement, Écologie, Démographie, et Développement durable"

Durée : 53 min 51 sec


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Cette vidéo est un film documentaire de 2010, réalisé par Leslie Franke & Herdolor Lorenz, sur le thème dee la privatisation croissante de l’eau, mais aussi sur les collectivités résistantes qui œuvrent pour se réapproprier ce bien commun.

Synopsis :

Tout comme l’air que nous respirons, l’eau est un élément indispensable à la vie. Ainsi, le 27 juillet 2010, l’accès à l’eau potable a été intégré à la Déclaration des Droits de l’Homme par l’Assemblée Générale des Nations Unies. Malgré tout, l’eau reste en proie aux intérêts économiques des entreprises multinationales obsédées par leurs profits. Cette mainmise sur l’or bleu touche aussi bien les pays en voie de développement que les riches pays industrialisés…

Dès qu’une commune cherche à remanier sa gestion de l’eau, les deux plus importants groupes mondiaux de l’eau pointent leur museau. Ensemble, ils constituent un oligopole qui pèse sur toute la surface du globe. En France, par exemple, ils approvisionnent près de 80% de la population. Conséquences : hausse vertigineuse des prix à la consommation, baisse de la qualité de l’eau, manque de transparence souvent lié à un climat de corruption… Même s’il ne s’agit plus de privatisation à proprement parler, mais de partenariat public-privé, le résultat est le même : les profits sont privatisés et les pertes collectivisées.

Le documentaire Water Makes Money explique comment les entreprises multinationales s’accaparent la distribution de cet élément vital et créent ainsi une alchimie déroutante : elles transforment l’eau en argent ! L’analyse de ce phénomène par des experts est agrémentée par plusieurs exemples de communes, allemandes et françaises, en proie à la domination de ces entreprises peu soucieuses d’offrir un service de qualité. Mais, à l’instar de Paris, des collectivités se soulèvent pour passer en régie publique. Le contrôle citoyen de l’eau est nécessaire et possible…

A propos du film :

Les groupes français Veolia et Suez sont les leaders incontestés du marché mondial de l’eau privatisée. Ils sont présents sur tous les continents. Pas une semaine ne s’écoule sans qu’ils fassent de nouvelles acquisitions. Mais ces derniers temps, en France, le vent tourne. Début 2010, les deux groupes ont dû rendre, non sans grincer des dents, la distribution de l’eau aux municipalités de Paris et Rouen. Et bientôt suivront certainement Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Brest et toutes les collectivités aspirant à ce que l’eau redevienne un bien public.

Mais pourquoi ce revirement de situation en France où ces compagnies sont actives depuis tant de décennies et où elles fournissent toujours près de 80% de la population ? A l’exemple de Paris, Bordeaux et Toulouse, Water Makes Money montre comment s’est réalisée cette mainmise sur la distribution de l’eau et pourquoi les collectivités ont si longtemps fait confiance aux groupes privés. Cette confiance s’est souvent révélée découler de l’aveuglement d’élus corrompus. A présent, la vérité sur la mauvaise gestion de l’eau par les multinationales remonte à la surface…

Ensemble, ces compagnies privées génèrent des profits qui atteignent des centaines de millions d’euros dans la plupart des villes. Profits qui se reflètent bien évidemment dans l’augmentation du prix de l’eau… Chez les distributeurs privés, les prix sont 20 à 60 % supérieurs à ceux du service public. Schéma similaire pour le problème du gaspillage : 17 à 44% de l’eau se perd dans les fuites du réseau privé alors que ce ne sont que 3 à 12% au sein du service public.

Water Makes Money met ainsi à nu un système qui permet aux multinationales de financer leur expansion globale. Système inique qui motive tant de Français à désormais promouvoir le retour au service public.

Pourtant, ce sentiment d’être essorés, exploités, au profit d’ambitions globales capitalistes est secondaire pour beaucoup de Français. Ce qui est d’autant plus choquant quand on sait que la gestion de l’eau est dans un état critique en France. Les chiffres officiels montrent que 97% des eaux de surface contiennent des pesticides cancérigènes.

C’est sur les côtes de Bretagne que ce phénomène est le plus perceptible. Des plages entières ne sont plus accessibles car s’y amoncèlent des tonnes d’algues toxiques nourries de nitrates et enrichies en médicaments. Pour Veolia et Suez, c’est une manne financière de plus : leurs techniques toujours plus complexes et onéreuses seraient capables de transformer toute eau souillée en eau potable. Pour plusieurs experts, ce cercle vicieux est un écueil dangereux. Même si les coûts de production d’eau potable grimpaient jusqu’à l’infini, la totalité des polluants ne pourrait jamais être entièrement filtrée.

D’autres solutions existent, et elles coûtent moins cher à la collectivité. Ainsi, la création de zones de protection d’eau où seule l’agriculture biologique est autorisée. Malheureusement, les multinationales n’ont rien à y gagner et cela nécessite une certaine responsabilité publique. La régie publique d’eau à Munich, avec le plus grand territoire d’agriculture biologique en Europe, est un exemple de réussite.

La plupart des villes continue pourtant à faire confiance aux groupes privés pour l’eau, mais aussi les transports urbains, la propreté, les cantines… Elles se tournent vers ces multinationales notamment pour leur savoir-faire inégalé dans « l’ingénierie financière ». À une époque où les caisses publiques peinent à se remplir, les compétences dans le domaine financier pour une gestion à moindre coût sont aussi importantes que la maîtrise technique des ressources en eau. Toutefois, de nombreuses municipalités risquent de se faire duper par un de ces groupes surpuissants.

Les fournisseurs d’eau privés noyautent les médias et les services publics tout comme les activités scientifiques. À Montpellier, Suez détient une chaire académique au département Gestion des ressources en eau et forêt, et une autre chaire sera bientôt créée par Veolia à l’Université de Montpellier 2. Il n’est même plus question de sauver les apparences d’une pseudo indépendance de la recherche. Des scientifiques de cette même université ont donné récemment le feu vert à Veolia pour capter des quantités supplémentaires d’eau de source dans la région de l’Hérault, zone écologiquement très fragile. Tous les autres experts ont mis en garde contre les effets écologiques d’une baisse de niveau de la nappe phréatique. Qu’importe, Veolia a lancé son essai de pompage.

Face aux plans d’expansion impérialiste des multinationales, une prise de conscience grandit progressivement en France, en Europe et partout dans le monde : le contrôle citoyen de l’eau est nécessaire et possible. En éclaircissant les pratiques obscures des grands groupes privés et en montrant l’importance des décisions publiques, le documentaire Water Makes Money cherche à alimenter le nécessaire débat sur la gestion de l’eau, ressource vitale universelle et objet des prochains troubles mondiaux…

Pourquoi ce film ?

Il y a quinze ans, une vague de privatisations déferlait sur nos services des eaux et continue aujourd’hui de faire des ravages dans le monde entier. Les conséquences néfastes(entre autres : quartiers pauvres privés d’eau potable et des robinets secs à Londres, haut lieu de la finance) ont été révélées dans Eau publique à vendre, précédent film de Leslie Franke et Herdolor Lorenz.

Alors que chacun subit personnellement les conséquences des privatisations, il n’est plus permis d’appeler les choses par leur nom. Les cabinets de conseil frappent à la porte des communes endettées et promettent de nouveaux modèles d’entreprises : « Partenariat public-privé », « Crossborder leasing », « Franchising », etc… « Mais non, il ne s’agit pas de privatiser », affirment-ils, « il s’agit uniquement de gérer votre eau pendant 30, 60 ou 90 ans. Les installations restent la propriété de la municipalité. Les 2000 pages du contrat, inutile de les lire, vous ne les comprendriez pas ... »

En France, des opposants à la privatisation sont parvenus à se procurer des contrats et les ont étudiés mot à mot. Ils ont découvert pourquoi groupes et communes ne souhaitaient pas les montrer au grand jour : les entreprises ont « payé » le droit de gérer les installations communales avec des crédits mis à leur disposition par ces mêmes municipalités. De plus, les communes sont responsables de toute baisse ou perte de rendement. Autrement dit, les bénéfices sont privatisés et les pertes sont collectivisées, c’est à dire payées par les contribuables. Cela n’a plus rien à voir avec les mesures de prévoyance portées par plusieurs générations en faveur des nappes phréatiques locales, ni avec l’entretien permanent et le remplacement des conduites. Bien au contraire, les entreprises multinationales n’ont à rendre de comptes qu’à leurs actionnaires. La question de l’intérêt général est bien loin de leurs préoccupations.

Water Makes Money montre ce que Paris et d’autres communes de France ont appris de la domination de ces multinationales, véritables « machines à générer du fric »…La déprivatisation de l’eau est une urgence.

Un film citoyen :

Avec les privatisations et les « partenariats public-privé », l’eau passe aux mains des multinationales qui en font profiter leurs actionnaires partout dans le monde. Pour réaliser un film sur les pratiques de ces entreprises, il a d’abord fallu rassembler de l’argent. Water Makes Money a été financé grâce à l’aide de municipalités qui se sont fourvoyées avec ces entreprises et aussi grâce à des citoyens partis à la reconquête de leur eau. Ainsi, Leslie Franke et Herdolor Lorenz ont lancé un appel pour trouver des personnes prêtes à promouvoir leur projet. Il ne s’agissait pas de collecter des dons au sens habituel du terme mais d’inviter chaque donateur, à partir d’un montant de 20€, à se considérer comme « copropriétaire » du film. Le résultat fût non seulement de réunir 120.000€ pour produire le film, mais également d’avoir une grande quantité de « coproducteurs » qui se font les portes-parole du film et de son message : l’eau doit rester dans le domaine public !

Source : http://www.watermakesmoney.com/images/stories/pdf/dpwatermakesmoney.pdf ().

     Water Makes Money : Veolia accuse le documentaire de diffamation

Dimanche 9 janvier, 20h07

Le géant Veolia a porté plainte contre Water Makes Money , documentaire dénonçant les travers de la privation du marché de l'eau, prévu le 22 mars sur Arte. "Veolia veut censurer un docu sur le business de l'eau", titre Rue 89 aujourd'hui. Censé être diffusé le 22 mars prochain sur Arte, Water Makes Money s'est attiré les foudres de la branche eau de Veolia Environnement, poids lourd du marché mondial. Axé sur les dessous de la distribution d'eau en France, le documentaire atteste que "les multinationales gestionnaires des services publics ont partout monté les prix et diminué l'entretien des réseaux pour accroître leurs profits".

Pour Jean-Luc Touly, fondateur de l'Association pour un contrat mondial de l'eau (ACME) très impliqué dans le tournage, la plainte déposée n'est pas justifiée : "Bien sûr que c'est un film à charge, mais on ne met pas en cause Veolia en particulier. Contrairement à Suez, qui s'exprime par la voix de sa responsable du développement durable, Veolia a refusé de répondre aux interviews."

Et d'ajouter : "Un tel film n'aurait pas pu se faire en France. Au moins cinq télés ont commencé des enquêtes sur ce sujet avant de renoncer à le diffuser, sur pression de la direction des chaînes." On doit en effet ce nouveau documentaire choc à Herdolor Lorenz et Leslie Franke , le duo allemand d' Eau : service public à vendre , aidé par un financement en ligne par les internautes.

Interrogé lui aussi par Rue 89, Herdolor Lorenz se montre de son côté peu inquiet à l'idée de devoir affronter Veolia : "Comme pour notre précédent film, la censure va sans doute nous donner une encore plus grande audience. Nous avons déjà des versions en anglais, en italien... et nous nous battrons pour qu'Arte maintienne sa programmation." Celle-ci ne serait pas remise pas remise en cause pour l'instant. Water makes money sera également projeté dans une sélection de cinémas.

Source : http://fr.news.yahoo.com/5/20110109/tcu-water-makes-money-veolia-accuse-le-d-bc6317b.html ().

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