Le Bunker de l’Apocalypse (Svalbard Global Seed Vault)
 

Le Bunker de l’Apocalypse (Svalbard Global Seed Vault)




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"Le Bunker de l'Apocalypse"

Le 28 février 2008 le Svalbard Global Seed Vault (ou "Chambre forte mondiale de graines du Svalbard") a été officiellement inaugurée. Il s’agit d’une chambre forte souterraine sur l'île norvégienne du Spitzberg destinée à conserver dans un lieu sécurisé des graines de toutes les cultures vivrières de la planète et ainsi de préserver la diversité génétique. Une Arche de Noé verte…

Où ? En Norvège !

Ce bâtiment a été construit au sein d’une montagne de Longyearbyen, le chef-lieu de l'archipel norvégien du Svalbard.

Situé sur une île isolée du Cercle polaire, ce bunker de graines a été construit au milieu des glaces de l’Arctique.

     

             

L'archipel norvégien du Svalbard est situé à environ 1 000 kilomètres du pôle Nord, à l'intérieur du cercle arctique. Aucun arbre n'y pousse, mais on y dénombre quelque 2 300 habitants. Ces îles ont été choisies du fait de leur climat hostile et de leur inaccessibilité. En hiver, il y règne une température moyenne de - 14° Celsius.

       

Grâce au permafrost* et à la roche qui entourent les tunnels, les échantillons resteront congelés, même en cas de panne du système de réfrigération ou d'augmentation de la température extérieure due au réchauffement planétaire.

*Le permafrost désigne un sol gelé en permanence (température en permanence inférieur ou égal à 0°C pendant une période d’au moins 2 ans)

Que contient le bunker ?

Il est possible de stocker, dans ce gigantesque congélateur du monde végétal, 4,5 millions d'échantillons végétaux en provenance du monde entier.

Pour son inauguration, ce bunker de graines à reçu 100 millions de graines originaires de 100 pays avec les variétés uniques des principales bases alimentaires d’Afrique et d’Asie comme le maïs, le riz, le blé, le haricot à œil noir et le sorgho ainsi que des variétés européennes et sud-américaines d’aubergine, de laitue, d’orge et de pomme de terre.

La chambre forte contient en fait 268 000 échantillons distincts de semences. Chaque échantillon peut contenir des centaines de graines et même plus. Au total en 2008, les semences sécurisées dans le bunker remplissent 676 boîtes et pèsent environ 10 tonnes.

Ces premiers dépôts constituent la collection la plus complète et la plus riche de semences de cultures vivrières (céréales, légumineuses à graine et tubercules) jamais réunie et conservée dans le monde.

Comment a été construit ce bunker ?

Le bunker a été construit après des dizaines d'années de planification des travaux de construction. Il a été construit en béton et en acier. Sa construction a coûté 6 millions d’Euros.

Le bunker a été creusé dans le flanc d’une montagne de grès, à 120 mètres de profondeur. Il est protégé par de hautes murailles de béton renforcé, des portes d'acier blindées… et toute une garde d'ours polaires !

   

Le bunker est fermé par des doubles portes anti-explosions, il est équipé de systèmes d’alarme, de sas-anticontamination et aux parois renforcées par du béton armé d’un mètre d’épaisseur. Un couloir de 100 mètres aboutit sur 3 salles de 27 m de long sur 9,5 m de large avec une surface de 256,1 m² totalisant près de 1 500 m³ de volume de stockage.

       

Les graines seront conditionnées dans des paquets spéciaux à 4 plis et scellés à chaud afin d’éviter les moisissures.

Les installations seront gérées par la Banque génétique nordique, mais il n’y aura pas de personnel permanent sur le site (système de surveillance par caméras).

Le bunker est considéré comme un lieu idéal par son absence d’activité tectonique et son permafrost, qui aidera à la conservation. Sa situation, 130 mètres au dessus du niveau de la mer, garantit que la chambre forte restera au sec, même en cas de fonte des glaces et d’élévation du niveau des océans.

Du charbon exploité localement fournira l’énergie pour les unités de réfrigération qui maintiendront les graines entre −20 et −30° Celsius (normes internationales de conservation). Même en cas de panne des équipements, il faudrait plusieurs semaines avant que la température ne remonte à −3°Celsius, température naturelle de la roche de la montagne environnante.

Avant la construction, une étude de faisabilité a démontré que la chambre forte pourrait préserver les graines de la plupart des cultures alimentaires pendant des centaines d’années. Certaines graines, dont celles de cultures importantes, pourraient même survivre plus longtemps, sans doute des milliers d’années.

Pourquoi construire ce bunker au fin fond du pôle nord ?

L’inaccessibilité du lieu évitera que les graines attirent la convoitise en cas de famine mondiale.

Mais le choix géographique a aussi été étudié en prévision d’une panne du système de congélation : grâce au permafrost et à la roche qui entourent les tunnels, les échantillons resteront congelés, même en cas de panne du système de réfrigération ou d'augmentation de la température extérieure due au réchauffement planétaire

Le bunker serait paré pour résister à toutes les éventualités, même les plus destructrices :

… d’où le surnom de "Bunker de l’Apocalypse" !

Ce bunker a été conçu pour lutter contre la disparition des espèces mais aussi faire redémarrer la production agricole (au niveau régional puis mondial) si une catastrophe d’origine naturelle ou humaine devait survenir. Dans le pire des scénarios de réchauffement climatique mondial, les pièces de la chambre forte resteraient naturellement glacées pendant plus de 200 ans.

Mais pourquoi un tel bunker ?

Il existe déjà sur la planète environ 1 400 banques de données de ce type, mais aucune n’a la capacité de stockage ni l’emplacement géographique de choix du Svalbard Global Seed Vault.

Lors de la guerre en Irak et en Afghanistan notamment, des banques de graines ont été ainsi définitivement perdues.

Lors de l’inauguration, le 28 février 2008, Jens Stoltenberg, le Premier ministre norvégien, a fait la déclaration suivante :

"Alors que le changement climatique et d’autres phénomènes menacent la diversité de la vie qui alimente notre planète, la Norvège est fière de jouer un rôle central dans la création d’une structure capable de protéger ce qui n’est pas de simples semences mais surtout les éléments fondamentaux de la civilisation humaine."

Toujours lors de l'inauguration, Cary Fowler, le Directeur exécutif du Fonds fiduciaire mondial pour la diversité des cultures, a déclaré :

"La diversité des cultures se révélera être prochainement notre ressource la plus puissante et la plus indispensable pour affronter les changements climatiques, les contraintes de la fourniture en eau et en énergie et pour satisfaire les besoins alimentaires d’une population mondiale croissante."

José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, dans son discours d’inauguration, a déclaré :

"Espérer et œuvrer pour le meilleur, mais aussi se préparer pour le pire."

Ce pessimisme affiché n’est pas nouveau, la menace nucléaire plane depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Par contre, l’idée selon laquelle le réchauffement climatique peut être aussi destructeur pour la biodiversité qu’une bombe radioactive est toute nouvelle…

Ironie du sort !

Bizarrement, alors que la région est connue pour être à l’abri des tremblements de terre, le 21 février 2008, quelques jours à peine avant l’inauguration du bunker, une secousse d'une magnitude de 6,2 a été enregistrée près de l'archipel (le plus grand tremblement de terre de l'histoire de la Norvège). Le bunker a résisté.

En septembre 2008, le bunker a été endommagé par la fonte et l’effondrement du permafrost dans lequel il a été est creusé… Une portion de 6 mètres du couloir menant aux chambres fortes a dû être remplacée..

Le bunker de 120 mètres de long creusé à flanc de montagne a subi des dommages suite à l’effondrement du sol qui l’entoure. Lors du lancement des travaux de construction, le sol était déjà gelé en surface, ce qui a empêché le tassement de la terre autour du bunker et la formation d’un permafrost stable. Résultat : Une portion de 6 mètres de couloir a dû être remplacée et de la terre réinjectée autour pour éviter que le scénario ne se répète…

Les graines, stockées dans les chambres fortes au fond du tunnel, n’ont apparemment pas subi de dommages, maintenues entre -18 et -20 °C par un système de réfrigération.

 


"Svalbard Global Seed Vault", le coffre-fort de l'apocalypse


"Les graines du Svalbard"


"Arctique : une arche dans le grand nord"

 

D’ou vient l’initiative ? Qui ? Pourquoi un projet d'une telle ampleur ?

Qui ?

Quelle est la liste des gens qui participent financièrement à la création de cette "Banque de semences en cas d’Apocalypse" ?

La Fondation Gates est la plus impliquée dans ce projet, elle a investit environ 30 millions de $US. Le budget 2009 est de 12,6 millions de $US dont plus de 7 millions qui proviennent de la Fondation Gates…

Pourquoi ?

Il est possible de stocker, dans ce gigantesque congélateur du monde végétal, 4,5 millions d'échantillons végétaux en provenance du monde entier... Or cela représente deux fois plus de variétés que celles connues à ce jour...

Pourquoi ?
Et pourquoi conserver  des graines aussi longtemps alors que l'on sait qu'elles perdent leur capacité germinatoire au bout de quelques années ?
Quel est la vraie raison de la construction de ce bunker ?

Certaines associations écologistes comme Réseau Semences Paysannes sont sceptiques quant aux raisons de la création de ce bunker. En effet, les financeurs du projet font tous partie de lobbies de l’industrie des semences dont la politique actuelle n’est pas orientée vers plus de biodiversité, mais cherchent au contraire à diminuer l’accès aux ressources génétiques vivantes actuelles et contribuent à leur anéantissement. 

Ils imposent des lois qui remettent en cause les droits des paysans de conserver, utiliser, échanger et vendre les semences reproduites à la ferme. Après avoir pris gratuitement dans les champs les semences sélectionnées par les paysans, l’industrie semencière a marqué sa "propriété intellectuelle" protégée par des Certificats d’Obtentions Végétales ou des brevets.

Au nom du "libre marché", les lois interdisent peu à peu aux paysans d’échanger leurs propres semences. Elles les obligent ainsi à acheter celles de l’industrie, seules à pouvoir être inscrites dans les catalogues officiels requis pour toute vente. Dans de nombreux pays, les paysans n’ont même plus le droit de ressemer leur récolte !

Elles confortent l’abandon des politiques publiques destinées à financer les collections nationales de semences au nom de la liberté du commerce des services. Les collections qui ne sont pas simplement jetées à la poubelle sont concentrées dans d’immenses banques internationales où les semences ne sont inventoriées que par des numéros illisibles pour les paysans qui voudraient retrouver celles qui ont été prises dans leurs champs. Elles sont aussi réduites à des listes de gènes numérisées dans des ordinateurs destinés à préparer les manipulations génétiques assistées par marqueurs moléculaires.

Elles mobilisent des milliards de dollars pour financer les biotechnologies destinées à marquer les semences avec des gènes brevetés, et à les rendre stériles pour que les paysans ne puissent plus ressemer leur récolte. Le rêve fou affiché est de fabriquer la totalité des plantes de demain avec des gènes synthétiques : les nouveaux pirates espèrent ainsi n’avoir même plus besoin de la clef du coffre du Bunker de l’Apocalypse, mais seulement de celle de l’ordinateur où seront stockés la totalité des séquences génétiques des graines qui y sont enfermées...

Elles généralisent la culture des organismes génétiquement modifiés (OGM) par des stratégies commerciales agressives mettant en danger la diversité des semences fermières. Ces OGM brevetés sont aujourd’hui dispersés autour des dernières collections, dans les banques de semences et dans tous les centres d’origine et de diversification des plantes cultivées qu’ils contaminent les uns après les autres.

Guy Kastler, délégué général du Réseau Semences Paysannes
dénonce une nouvelle tentative d’appropriation du vivant par les multinationales :
"Une semence conservée dans une collection n’évolue plus alors que celle qui est cultivée s’adapte sans cesse à son environnement. Pourquoi conserver une graine pendant 10 ou 15 ans, alors qu’on sait qu’elle ne pourra pas être replantée et qu’elle perdra de toute façon sa capacité germinatoire ? L’objectif derrière est sans doute davantage de "numériser les collections", de les séquencer génétiquement dans le but de créer plus tard des plantes synthétiques. Ce qui faciliterait leur brevetage."

Quelques questions à se poser…

Qui a les clés du bunker ?

Qui aura accès aux semences ?

Pourquoi faire et comment ?

Pourquoi les gouvernements de chaque pays ne reconnaissent pas et ne protègent pas activement par des lois nationales et dans ses politiques agricoles les droits des paysans de conserver, utiliser, échanger et vendre les semences reproduites à la ferme… plutôt que les confier à des multinationales ?

Est-ce que les intérêts et l’avenir de l’humanité ne devrait pas revenir aux gouvernement de chaque pays ?

Est-ce que ce n’est pas au gouvernement de chaque pays de protéger et d’avoir accès à ces réserves de graines plutôt que d’en confier les intérêts à des groupes intéressés par les brevets et les profits ?

Allons plus loin…

Aujourd’hui, nous mangeons tous du blé, des plantes dites "mutées". Contrairement aux plantes transgéniques, il n'y a aucune obligation d'information du consommateur. Les plantes mutées sont maintenant considérées comme des OGM par une directive européenne, mais sont pourtant exclues de son champ d'application !!!

Près de 3 000 variétés de 170 espèces différentes obtenues à partir de mutations sont recensées par l'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique). Elles sont commercialisées sans aucun étiquetage et sans aucune évaluation environnementale ou sanitaire...

Mais depuis quand l'Agence internationale de l'énergie atomique s'occupe-t-elle d'agriculture !?

L'Agence internationale de l'énergie atomique travaille depuis une dizaine d'années, en partenariat avec la FAO (Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture), sur l'augmentation de la production alimentaire des États membres. Ils justifient le recours à la mutation des plantes par le besoin de trouver des plantes dès maintenant pour nourrir le monde…

En fait les légumes sont bombardés, irradiés, pour éviter la pourriture, les bactéries, les moisissures, prolonger la durée de conservation, etc., bref pour éviter les pertes, notamment lors du transport jusqu'aux points de vente  Une technologie peut onéreuse, méconnue du public, et qui fait économiser beaucoup d'argent à l'industrie.

Notons que le gouvernement du Canada a approuvé l'irradiation des pommes de terre en 1960, pour inhiber leur germination. Depuis, Santé Canada a examiné, puis approuvé l’irradiation d’autres produits. Parmi ces produits figurent les oignons, le blé, la farine, la farine à blé entier, les épices entières et moulues, et les mélanges d’assaisonnement déshydratés. Selon la réglementation, tous les aliments irradiés doivent porter sur leur étiquette le symbole international de l'irradiation ainsi que la mention "irradié" ou « traité par irradiation".

Voyez un peu le logo RADURA qui a été choisi par le Canada pour signaler les produits irradiés... on croirait presque un symbole "bio" ! Alors qu'en fait l'irradiation peut détruire les vitamines et autres nutriments, diminuant ainsi les qualités nutritives du produit... sans même que le consommateur en soit conscient ! L'irradiation peut également avoir un impact sur le goût, l'odeur et la texture des aliments traités.

Voici ce qu'on peut lire sur le site de l'Agence d'inspection canadienne des aliments : "Le titre 26 du Règlement sur les aliments et drogues reconnaît l'irradiation des aliments comme étant un procédé alimentaire. Du point de vue de la sécurité, c'est à Santé Canada qu'il incombe d'établir les règlements qui précisent quels aliments peuvent être irradiés et les doses de rayonnement ionisant permises."

Conclusion

Les semences conservées dans le Bunker de l’Apocalypse, si elle ne sont pas ressemées, perdront rapidement toute leur capacité de germination. Mais même mortes, elles pourront livrer leurs séquences génétiques… et les industriels d’essayer de recréer un monde artificiel à partir de ces seules séquences. Un monde qui sera totalement fiché par la marque des droits de propriété industrielle sur les gènes.

Le Bunker de l’Apocalypse finira-il par devenir une banques de semences "numériques" privatisées ?

… Et à quoi servira ce bunker quand son contenu sera informatisé ?

 


"Si vous contrôlez le pétrole, vous contrôlez le pays,
mais si vous contrôlez les semences, vous contrôlez l’alimentation.
Et celui qui contrôle l’alimentation tient la population en son pouvoir."

Henry Kissinger

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  Par YellowGirl, le 2 novembre 2009

 

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